L’ école à Djibouti : Entre imposition historique et déterminisme social : processus, stratégies et enjeux par Rachel Solomon Tsehaye

Résumé


À Djibouti, quatre types d’écoles se côtoient, issues de zones d’influence différente (occidentale et orientale). L’objectif de cette recherche fut de comprendre les stratégies, processus et enjeux impliqués dans l’école publique d’origine française et dans les madrasas, d’origine arabe. L’école étatique découlant historiquement de la colonisation, les madrasas peuvent représenter un retour aux sources, ce mode de scolarisation s’adaptant davantage au milieu socio-culturel. La présente étude a vérifié l’hypothèse selon laquelle le choix de scolarisation à l’école publique ou à la madrasa relevait davantage d’une décision politique et d’un choix de société et beaucoup moins d’une attente d’une spécificité pédagogique et didactique. Pour confronter cette hypothèse à la réalité, cinq cent questionnaires ont été distribués aux élèves de huit écoles et soixante entretiens ont été menés avec les différents acteurs de l’éducation. L’analyse des données a révélé que ces choix de scolarisation dans des systèmes insufflés par des volontés extérieures, ne sont pas remis en question ; ils sont limités par le nombre de places et le facteur économique. La madrasa, dont le projet philosophique et linguistique est rarement défendu, constitue un choix de seconde classe en palliant les formes d’assignation scolaire (comportementale, économique, culturelle) de l’école publique. Or, quels projets d’avenir peuvent se former sur les sentiments d’exclusion, d’échec et d’injustice ? Le manque d’éducation associé au désert sanitaire et à la crise exponentielle de la misère font le lit de l’extrémisme et de la violence, qui peuvent alors devenir l’ultime recours pour obtenir justice.

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