LVD du vendredi 15 mars 2019

Bonne écoute

Nouvelles nationales 

Djibouti, Éthiopie, Kenya : Des détails sur la tournée africaine du président français, Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron a atterri à Djibouti le 11 mars au soir avant de rallier l’Ethiopie le 12 puis le Kenya le lendemain. Enjeux stratégiques, économiques, culturels et climatiques ont été au menu de cette première tournée présidentielle dans la Corne de l’Afrique.

La première étape de ce déplacement n’a été annoncée que tardivement. Emmanuel Macron a entamé sa mini-tournée le 11 mars au soir par une escale à Djibouti. Une visite express d’une quinzaine d’heures, le temps pour le chef d’Etat de prévenir Ismaïl Omar Guelleh contre le risque de surendettement de Djibouti.

Macron s’est également rendu sur la base française qui héberge le plus gros contingent de soldats français à l’étranger (1 400). Un déplacement à la fois stratégique – Djibouti accueille des bases militaires des grandes puissances

(États-Unis, Japon, Allemagne, Italie et depuis peu Chine) – et très symbolique. « C’est un partenaire historique de la région, ça aurait été étrange de ne pas aller le voir », explique-t-on à l’Elysée.

Emmanuel Macron ne sera toutefois que le second président français, après Nicolas Sarkozy en 2010, à se rendre sur place depuis vingt ans. Le signe d’un réchauffement des relations entre les deux pays, après des brouilles récurrentes. La raison d’un tel déplacement ? « Soutenir un allié régional qui n’est pas dans une position favorable en ce moment », explique Sonia Le Gouriellec, docteure en sciences politiques et spécialiste de Djibouti et de la Corne de l’Afrique.

Une mauvaise passe due aux relations exécrables que le micro-État entretient avec les Emirats Arabes-Unis. Malgré son rôle dans les médiations de paix régionales, Djibouti pâtit d’un certain isolement, conséquence de ses mauvaises relations avec le royaume émirati. La crainte d’une mise à l’écart expliquerait, selon Sonia Le Gouriellec, ce rapprochement avec la France, son partenaire historique.

L’autre raison de ce voyage est bien sûr d’ordre stratégique. Paris s’inquiète de l’influence grandissante de la Chine et du net recul de sa présence sur place. Un point sur lequel plusieurs députés ont tenté d’attirer l’attention au retour d’une mission à Djibouti.  Ainsi, le 26 septembre dernier, Marielle de Sarnez, la présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, a tiré la sonnette d’alarme. « Je pense qu’il est absolument vital de renforcer la présence française, a souligné la députée. Stratégiquement, nous avons besoin d’une remobilisation sur les trois axes militaires, économique et culturel ».

A l’Elysée, on reconnaît la dimension stratégique de ce déplacement : « On va aussi en Afrique de l’Est parce que c’est une région assez concurrentielle, notamment avec la Chine. On arrive avec un projet différent, plus positif, peut-être un peu moins purement mercantile ».

Une fois l’étape djiboutienne achevée, Emmanuel Macron s’est envolé pour Lalibela, haut lieu du christianisme éthiopien. Outre les aspects patrimoniaux et culturels, la thématique économique a été au centre des discussions.

Emmanuel Macron a achevé son séjour par une visite d’État au Kenya. « C’est la première fois qu’un président français se rend sur place », souligne-t-on dans l’entourage du chef de l’État. Au menu : un déplacement dans l’après-midi du 13 mars à la gare centrale de Nairobi pour parler ville durable, puis un discours le lendemain lors du One Planet Summit, événement qu’il co-présidera avec le président kényan Uhuru Kenyatta.

Autre rencontre au programme de ce voyage, celle prévue avec les nouveaux présidents de RDC, Félix Tshisekedi et du Madagascar, Andry Rajoelina.

La Journée de la femme diversement fêtée à Djibouti

Comme chaque année, le Mouvement pour le Renouveau Démocratique et le Développement a fêté cette journée consacrée aux droits des femmes pour honorer ses militantes au siège central du parti à Mako Moukarama. 

Malgré la situation économique, sociale et politique dont ces femmes sont les premières victimes, l’heure était la fête et la mobilisation pour encourager celles-ci à se battre pour leurs droits. 

Du côté du régime, la journée consacrée n’a guère suscité d’enthousiasme. C’est à peine si IOG, chef du régime, a déclaré sans entrain la volonté du gouvernement de porter le congé maternité de 3 à 6 mois. Cette déclaration produit plus l’effet d’une annonce de cadeau que qu’elle ne reflète un réel projet ou programme avec débats et consultations.

Nouvelles régionales 

Ethiopian Airlines :157 morts dans le crash d’un avion reliant Addis-Abeba à Nairobi

Un Boeing 737 de la compagnie Ethiopian Airlines, avec à son bord 149 passagers et 8 membres d’équipage, qui effectuait la liaison Addis-Abeba-Nairobi s’est écrasé ce dimanche 10 mars dans la matinée, a annoncé la compagnie éthiopienne.

« Nous confirmons que notre vol ET 302 d’Addis Abeba à Nairobi a été impliqué dans un accident aujourd’hui », a déclaré la compagnie dans un communiqué. L’appareil avait décollé à 8H38 (06H38 GMT) de l’aéroport international Bole d’Addis-Abeba et « perdu le contact » six minutes plus tard avant de s’écraser.

« On pense qu’il y avait 149 passagers et huit membres d’équipage à bord mais nous sommes actuellement en train de confirmer les détails du manifeste des passagers de ce vol », a précisé la compagnie aérienne. « Les opérations de recherche et de secours sont en cours et nous n’avons aucune information confirmée concernant des survivants ou d’éventuelles victimes », a-t-elle ajouté.

Quelques heures après le drame, le média d’État éthiopien, citant la compagnie aérienne, a indiqué qu’il n’y avait aucun survivant.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a indiqué dans un tweet « vouloir exprimer ses profondes condoléances aux familles de ceux qui ont perdu leurs proches bien aimés sur le vol régulier d’un Boeing 737 d’Ethiopian Airlines à destination de Nairobi, au Kenya, ce matin ».

Coup dur pour Boeing

Après le crash, plusieurs pays, dont la Chine et l’Éthiopie, ont demandé à leurs compagnies aériennes de suspendre les vols de leurs Boeing 737 MAX 8, le modèle impliqué dans la catastrophe aérienne.

Par la suite, plusieurs autres compagnies leur ont emboîté le pas : Cayman Airways, qui dispose de deux avions de ce modèle, et la Royal Air Maroc, qui en possède un. 

L’Indonésie, qui a fait face fin octobre à une tragédie similaire avec le même modèle impliqué, a ensuite rejoint la liste. Plus tard, la Corée du Sud et sa compagnie Easter Jet qui possède deux appareils de ce type a rejoint cette liste.

Pour la deuxième fois en quelques mois, un Boeing 737 MAX 8 s’est écrasé quelques minutes après son décollage, soulevant de nouvelles questions sur les débuts de cet appareil essentiel pour le constructeur américain. Cette tragédie survient après celle de Lion Air fin octobre. L’appareil moyen-courrier de la compagnie à bas coûts indonésienne s’était, lui, abîmé en mer de Java, tuant 189 personnes.

Algérie : acte 1 de la révolution de velours

Après trois semaines de manifestations monstres qui ont vu déferler sur Alger et les autres villes du pays des centaines de milliers de personnes, le président Algérien Abdelaziz Bouteflika renonce à son cinquième mandat et reporte les élections prévues le 18 avril prochain.  

Après l’euphorie de l’annonce consécutive à la renonciation au cinquième mandat, la rue algérienne se remobilise contre ce que les Algériens appellent : « la ruse de Bouteflika ». Ils le soupçonnent fortement de vouloir prolonger, de manière déguisée, son quatrième mandat. 

Nouvelles internationales

Le Venezuela est dans le noir

Le pays est plongé dans le noir depuis bientôt une semaine suite à une gigantesque panne électrique. Le régime du président Maduro accuse l’opposition de sabotage et prend pour cible le président autoproclamé Juan Guaido qui de son côté accuse le régime de Nicolas Maduro d’avoir provoqué ce désastre par sa mauvaise gouvernance et son manque d’entretien.

Brexit : les députés britanniques rejettent l’accord négocié par Theresa May avec l’Union Européenne

Les députés britanniques ont rejeté mardi soir l’accord sur le Brexit négocié entre Londres et Bruxelles, par 391 voix contre 242, plongeant le Royaume-Uni dans l’incertitude à 17 jours de la date prévue du divorce. 

Le texte avait déjà été massivement rejeté en janvier dernier. Après le vote de ce mardi, la première ministre Theresa May a répété que cet accord était « le seul et meilleur accord possible ».

 Il ne lui restera plus qu’à se relancer dans les débats dès le lendemain, pour discuter d’autres options possibles dont une sortie du pays de l’Union européenne sans accord ou le report du Brexit de quelques mois.

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