LVD du vendredi 12 juillet 2019

Bonne écoute

Nouvelles nationales 

Djibouti-ville victime de trois incendies dévastateurs 

Trois incendies dévastateurs ont frappé ces derniers jours la capitale djiboutienne, Djibouti-ville.

Le premier s’est déclaré jeudi 4 juillet 2019 aux Usines Coubèche près du Port de Djibouti. Selon nos informations, c’est un dépôt de matières premières qui a brûlé. Heureusement, le sinistre n’a pas fait de victimes. Les dégâts matériels sont, en revanche, importants.

Les deux autres incendies ont frappé des quartiers populaires et populeux de Balbala, banlieue de la capitale djiboutienne. L’un s’est déclaré au PK12 le 5 juillet 2019, détruisant 19 habitations en planches et tôles galvanisées. Le second incendie s’est, lui, produit au Quartier Cheik Moussa le 7 juillet 2019. Il a sérieusement abimé un logement en dur où survivaient six familles.

Toutes les familles qui se retrouvent sans abri, soit 30 familles au PK12 et 6 à Cheik Moussa, sont des familles modestes. Elles n’ont toujours pas reçu d’assistance de la part des autorités. Rien, par exemple, de l’Office national d’assistance aux réfugiés et sinistrés (ONARS).

Les causes de ces incendies dévastateurs restent à déterminer. S’agit-il d’un court-circuit électrique ou d’autres causes ?

Ce n’est pas le premier été que des incendies détruisent des habitations, privant des familles entières de leur abri de fortune. Sans que les autorités ne prennent la mesure de ce problème récurrent et n’y apportent une solution. La solution première étant de réduire la pauvreté et de garantir l’accès de tous à un logement décent. 

Que se passe-t-il à la Fondation IOG ? 

Les mauvaises nouvelles se succèdent pour la fondation privée et au financement mystérieux qu’a lancée Ismaël Omar Guelleh en son nom en 2016.

Selon certaines sources, un huissier de la capitale lié à cette fondation aurait été arrêté et placé en garde à vue. Il s’agirait d’un huissier prénommé Abdorachid. Il lui serait reproché d’avoir détourné des dépôts en francs Djibouti effectués auprès de lui par 400 candidats aux logements qu’a promis de construire la Fondation IOG, du nom du chef de l’État. Nous ne savons pas encore quel est le montant de la somme d’argent présumée détournée.

Autre problème, le directeur de cette fondation, Mohamoud Ali Osman, défraie la chronique ces jours-ci pour abus de pouvoir à l’encontre de pauvres familles qui tententd’accéder à une habitation auprès de cette fondation sur le site dénommé Cité Nassib du PK13. Il s’agirait, entre autres, d’une vingtaine de familles qui ont perdu leur étroit abri en planches et tôles galvanisées suite à un incendie survenu il y a quelques années à Balbala Cheik Moussa. Ces familles seraient interdites par Mohamoud Ali Osman d’accès au logement auprès de la fondation IOG pour avoir dénoncé son népotisme dans l’attribution des habitations. 

Recourant à la police, ce jeune homme, que l’on dit proche de la famille présidentielle, intimiderait et chasserait qui il veut de la Cité Nassib.  

Chemin de fer : Les cheminots ont repris le travail en attendant le règlement de leur situation au plus haut niveau de l’État

Les 160 cheminots djiboutiens, qui ont protesté contre leurs conditions de travail, qui ont connu la prison pour certains d’entre eux et qui observé une grève générale, ont repris le travail il y a plusieurs jours. Ils l’ont fait contre la promesse du chef de l’État de répondre favorablement à leurs doléances.

Ils attendent donc la concrétisation de cette promesse présidentielle. Ils le font avec d’autant plus d’impatience que la gestion chinoise du chemin de fer continue de les maltraiter : peu de travail leur est confié, le seul salaire du mois d’avril leur a été jusqu’ici payé et il n’a même pas été versé aux 19 d’entre eux initialement interpellés et considérés comme meneurs, etc.

Du reste, certains observateurs doutent de la parole de Guelleh et n’y voient qu’une manœuvre pour gagner du temps et tenter de diviser les travailleurs.

Mais les cheminots semblent le savoir et restent vigilants. 

Les enseignants toujours maintenus en détention abusive

Les six enseignants maintenus en détention depuis le 13 juin 2019 à la demande du gouvernement, représenté en appel et en cassation par le procureur général Djama Souleiman Ali, continuent de croupir à la prison centrale Gabode.

Pourtant, leur dossier est vide et la justice ne parvient pas à se prononcer sur leur cas.

Rappelons qu’ils sont accusés de prétendus faits de fraude autour de la session juin 2019 du baccalauréat. Sans que le moindre début de preuves ne soit à ce jour apporté. 

Nouvelles régionales

Soudan : Démocrates et militaires signent un accord 

L’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui représente les manifestants pour le changement démocratique, et le Conseil militaire de transition qui a succédé au dictateur Omar El-Bachir, ont finalement signé un accord à Khartoum vendredi 5 juillet 2019 pour sortir le pays de la crise.

L’accord s’inspire du plan de paix commun proposé par l’Union africaine et l’Éthiopie.

Entre autres points, cet accord prévoit la mise en place d’un Conseil souverain de transition de 11 membres : 5 membres de l’ALC, une personnalité indépendante désignée par les deux camps et 5 militaires. Il sera dirigé durant les 21 premiers mois de transition par un militaire, puis par un civil pour les 18 mois restants. Etant entendu qu’à l’issue de cette période de transition de 39 mois seront tenues des élections libres et transparentes pour ancrer le pays dans la démocratie.

La mise en place du Conseil législatif sur lequel une entente avait été trouvée et d’un gouvernement technocratique suivra celle du Conseil souverain de transition, apprend-on.

La détermination des manifestants a donc payé. Reste la traduction de cet accord dans les actes. 

Algérie : Les manifestants maintiennent la pression sur le pouvoir

Comme au Soudan, les manifestants pour le changement démocratique n’entendent pas baisser les bras en Algérie. Ils continuent de manifester chaque vendredi depuis le 16 février 2019.

Après avoir chassé le dictateur Abdoulaziz Bouteflika du pouvoir, ils ciblent à présent les autres membres influents du pouvoir, et particulièrement le général Ahmed Gaïd Salah, patron de l’armée et ancien combattant du Front de libération nationale, dont ils se méfient et n’hésitent plus à réclamer l’arrestation.

En ce vendredi 5 juillet 2019, le vingtième pour les manifestations et qui coïncide avec le 57ème anniversaire de l’Indépendance nationale, ils étaient nombreux dans les rues d’Alger à réclamer le départ du système en place et la ‘’libération de l’Homme après la libération de la patrie’’.

Ils ont massivement manifesté malgré le déploiement d’un imposant dispositif de police et la chaleur. Une dizaine de manifestants ont été arrêtés et des actes de violence ont été signalés.  

Le président par intérim, Abdelkader Bensalah, qui affirme rester en poste jusqu’à l’élection démocratique d’un nouveau président de la République, propose la mise en place d’une instance de dialogue entre le pouvoir et les tenants de la révolution pour trouver une solution de sortie de crise.

Le bras de fer reste donc engagé et de son issue dépendra le sort de la révolution et de ses premiers acquis. 

Yémen : Les Émirats arabes unies retirent une partie de leurs troupes du pays 

Les Émirats arabes unis, qui font la guerre aux rebelles houthis au Yémen depuis 2015, aux côtés des Saoudiens, d’autres forces et des troupes gouvernementales, ont annoncé lundi 8 juillet la réduction de leurs troupes présentes dans ce pays. Selon un officiel gouvernemental yéménite, ils ont déjà évacué la base militaire de Khokha située à près de 130 km du port stratégique de Hodeïda qui est toujours contrôlé par les Houthis.

Les Émiratis justifient cette décision par le passage d’une ‘’stratégie à priorité militaire à une stratégie priorisant la paix’’.  

Il faut dire que, pour les coalisés, cette guerre s’est révélée, à l’épreuve du terrain, bien plus difficile à gagner qu’ils ne l’avaient calculé. Elle pourrait même, selon certaines sources, se retourner contre les intérêts émiratis en menaçant son territoire et ses infrastructures vitales, notamment à Dubaï.

Bien entendu, cette annonce est une bonne nouvelle si elle prélude à un retour de la paix au Yémen.

Rappelons que, dans ce pays aux liens multiples et anciens avec Djibouti, la guerre a fait des dizaines de milliers de morts et de blessés, voire beaucoup plus selon certaines sources, ainsi que des millions de déplacés et de malnutris. 

Nouvelles internationales

L’Iran annonce la reprise de l’enrichissement élevé de son uranium 

L’Iran a annoncé lundi qu’elle portait à au moins 4,5% l’enrichissement de son uranium. Or, ce niveau lui est interdit par l’accord nucléaire qu’il avait signé avec la communauté internationale.

Cette information émane du porte-parole de l’organisation iranienne de l’énergie atomique.

Selon ce haut responsable iranien, c’est un niveau suffisant d’enrichissement pour répondre aux besoins en combustible des centrales nucléaires.

Dans la foulée de cette annonce, l’Iran a mis en garde les signataires de l’accord international sur son nucléaire, notamment les pays européens, contre des réactions d’escalade.

Il est clair que cette décision iranienne suscite des inquiétudes dans les pays occidentaux, à commencer par les États-Unis et l’Union européenne.

Entre Washington et Téhéran, la tension règne depuis déjà un bon moment au point que l’on craint des affrontements militaires, notamment dans le Golfe arabo-persique.

Pourquoi donc cette annonce iranienne ? L’Iran joue-t-il la tension pour obtenir plus de la part des signataires non-américains de l’accord nucléaire et contrebalancer les sanctions de la Maison Blanche à son encontre ?

Il semble que oui si l’on en croit les propos de l’ambassadeur de l’Iran en Chine, Mohammad Keshavarz Zadeh. Dans un entretien accordé au média russe Sputnik, qui l’a publié mardi 9 juillet 2019, celui-ci a déclaré que son pays renoncera à la reprise de l’enrichissement de l’uranium ‘’si les Européens s’acquittent de leurs engagements inscrits dans le Plan d’action global commun’’. Selon le diplomate, les Européens ont, jusqu’ici, échoué à tenir leurs promesses dans le cadre de l’accord.

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