Commençons par le commencement pour rappeler ce qu’est la démocratie

La définition communément admise de la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. En effet, le mot démocratie, qui est d’origine grecque, est construit à partir du mot ‘’dêmos’’, qui signifie peuple, et de ‘’kratos’’ qui veut dire pouvoir, autorité. Accolés, les deux mots signifient pouvoir du peuple, peuple qui devient alors souverain, c’est-à-dire qui décide sans que son pouvoir ne soit limité par celui d’un autre.Pouvoir du peuple, d’accord, mais pour quoi faire, à quelle fin ? Réponse, pour servir le peuple, il faut un pouvoir à son service. Comment ? Par l’intermédiaire de gouvernants (femmes et hommes) que le peuple choisit, directement ou indirectement, pour le servir.

Voilà pourquoi il n’est pas de démocratie sans choix des gouvernants, choix dont les modalités varient. Ainsi, la désignation particulière d’une autorité communautaire chez tel ou tel groupe, l’élection présidentielle pour choisir le Chef d’un État, les élections législatives pour choisir les parlementaires d’un pays et les élections locales pour choisir les élus locaux dans un pays (au niveau des communes, régions ou provinces). Ces élections sont dites élections au suffrage universel lorsque tous les citoyens votent selon le principe ‘’une personne, une voix’’.

Sait-on de quand date la naissance de la démocratie dans l’histoire de l’Humanité ? Date-t-elle seulement de la République grecque ? La démocratie date du moment où les groupes humains ont compris qu’il y avait mieux que la logique du plus fort, mieux que l’autorité fondée sur la force du dirigeant et donc sur la crainte des dirigés, quelle que soit la forme de cette autorité. En effet, l’autorité basée sur la force de l’un et la crainte des autres, est fragile. Elle est sujette à la violence, car la violence appelle la violence, et donc à l’instabilité.

Les groupes humains ont alors tiré les conséquences du gouvernement par la force et ont progressivement remplacé la force par le consentement. En d’autres termes, la légitimité de la force (force des gouvernants) a laissé la place à la légitimité du consentement (consentement du peuple), de sorte qu’il a fallu rechercher l’adhésion des gouvernés au lieu de leur crainte. D’où le choix (direct ou indirect) des gouvernants par le peuple.

Bien entendu, le gouvernement par le peuple (à travers les gouvernants qu’il se choisit) n’a pas revêtu et ne revêt pas la même forme dans les groupes humains. Consensuelle ici, électorale là, la démocratie a connu et connaît encore différentes formes à travers le monde.

Chez nous, à Djibouti, la démocratie n’a pas été importée par la colonisation. Les pasteurs nomades que nous sommes l’avons développée selon nos réalités bien avant l’avènement des Lumières en France et en Europe. C’est la démocratie pastorale, ainsi nommée parce qu’elle est l’œuvre de pasteurs nomades et en phase avec notre mode de vie. Bien nous en a pris puisque la démocratie pastorale nous a permis, en tant que groupes humains, de nous organiser et de fonctionner autour d’un contrat social.

A suivre. 

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