Quelle reconnaissance de l’expérience professionnelle au Centre de Formation Continue de l’Université de Djibouti ? par Ifrah Said Farah

Résumé


L’activité de formation continue professionnalisante qu’offre la jeune université de Djibouti s’inscrit dans le contexte d’un petit pays en développement pour lequel cette mission n’est pas une priorité. Les salariés-étudiants doivent s’approprier une formation académique traditionnelle sans que leur expérience professionnelle soit reconnue. A partir de l’analyse des réalités françaises de la validation des acquis, du cadre théorique qui permet de les interroger – expérience, acquis, compétences, validation, certification, évaluation – et de l’horizon de la reconnaissance construit par Alex Honneth, cette recherche s’interroge sur la possibilité d’initier une logique de reconnaissance au sein de l’Université de Djibouti afin que savoirs académiques et expérience professionnelle dialoguent et favorisent une logique de formation tout au long de la vie.Les entretiens menés avec enseignants et étudiants-salariés sont construits selon une méthode qualitative propre à favoriser le récit expérientiel et la réflexivité. Ils visent à mettre à jour les processus réels à l’œuvre en formation continue et les interactions entre l’activité enseignante de former et l’activité de se former, ainsi que les conjugaisons qui s’opèrent entre savoirs académiques et expérience professionnelle des deux types d’acteurs. De nouveaux mixtes de savoirs retentissent jusqu’en formation initiale et contribuent à redéfinir la professionnalité enseignante. La réflexivité des acteurs ouvre, au-delà du diplôme, à une reconnaissance élargie. Elle constitue une ressource pour amplifier le co-apprentissage entre acteurs autour d’une conjugaison des savoirs académiques et de l’expérience professionnelle. Une palette de possibles illustre l’objectif d’initier une reconnaissance de l’expérience professionnelle à l’université de Djibouti, en formation continue et au-delà.Cette recherche s’adresse aux enseignants-chercheurs et à ceux qui cherchent des pistes possibles pour enrichir la conception de la formation à partir de l’expérience sans nécessairement disposer de moyens importants, en particulier en Afrique. Elle s’adresse aussi aux chercheurs qui voudraient explorer des pistes que nous n’avons qu’entrevues, en particulier sur les liens entre expérience professionnelle, dimensions culturelles et enracinement dans les langues.

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