LVD du vendredi 15 février 2019

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Nouvelles nationales

Le régime s’en prend aux réseaux sociaux

Le pouvoir djiboutien, connu pour museler l’opposition et toute autre voix discordante, vient de déclarer officiellement la guerre aux réseaux sociaux, unique espace d’expression accessible aux citoyens et autres démocrates djiboutiens. Il l’a fait d’abord par la voix de son chef, le président Ismaël Omar Guelleh, qui a affirmé dans une allocution à l’adresse de ses forces de sécurité le 6 février 2019 : ‘’(…) Sur les méthodes conventionnelles, se superposent d’autres : toutes les possibilités de nuisance que peut permettre la révolution des nouvelles technologies. Cela peut concerner notre cohésion nationale et notre vivre-ensemble lorsque des réseaux sociaux manipulés attisent et encouragent les fractures communautaires’’

Ensuite, c’est le ministre de la justice, Moumin Ahmed Cheik, qui a relayé ces propos présidentiels en des termes très clairs : ‘’Je ne manquerais pas d’attirer votre attention sur la délinquance liée aux réseaux sociaux. En effet, des individus se réclamant de l’opposition ou des activistes des droits de l’Homme insultent et diffament chaque jour des honnêtes citoyens ou des personnalités respectables. Nous devons les poursuivre et traduire devant la justice.’’

Cette déclaration de guerre anti-réseaux sociaux éclaire d’un jour nouveau le classement du pays en matière de cherté pour l’abonnement à Internet (ADSL) : il est classé parmi les pays les plus chers au monde juste après le Gabon et Bora-Bora par le site ‘’combien-coûte.net’’

L’armée tire de nouveau à balles réelles et blesse à Ali-Sabieh

Jeudi 7 février 2019, des soldats de l’armée djiboutienne stationnés dans la région d’Ali-Sabieh et commandés par le colonel Abdoulwassa Ben Mohamed, ont tiré à balles réelles sur des habitants locaux près du mont Arrey situé à 5 kilomètres d’Ali-Sabieh-ville. Sous prétexte de lutter contre la petite contrebande de khat à laquelle se livrent certaines personnes poussées par la misère. La fusillade a touché un jeune homme, Saïd Hassan Houssein, père de trois enfants. Il est désormais handicapé de la jambe. « Je viens de perdre l’usage de ma jambe et je ne suis même pas soigné’’, a-t-il confié au micro LVD. 

Les agents de l’ADR n’ont toujours pas touché leur salaire de janvier 2019

Les travailleurs de l’Agence Djiboutienne des Routes (ADR), récemment privatisée et placée sous l’autorité d’un certain Aboubaker Omar Hadi, président de l’autorité des ports et zones franches de Djibouti, attendent leur salaire de janvier 2019.

’C’est le premier effet de la privatisation’’, nous ont confié certains salariés concernés. 

Le secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports ne déroge pas à la règle de l’enrichissement personnel

Le secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports, Hassan Mohamed Kamil surnommé Bila Birig (Sans Freins), fait à son tour parler de lui en mal. Il est pointé du doigt pour avoir lui aussi pris le chemin de l’enrichissement personnel depuis sa nomination à la tête du département ministériel de la Jeunesse et des Sports.

Selon des témoignages concordants, il aurait écarté les cadres compétents de son département, réduit drastiquement le soutien financier et matériel aux fédérations sportives puis mis les fonds et équipements destinés aux sports et à la jeunesse au service de ses intérêts personnels. Avec une partie des fonds publics alloués à son ministère et des ressources provenant de la location d’équipements publics sportifs, il aurait acquis des logements, des voitures et même un bateau de plaisance. Sans parler de son train de vie. 

Nouvelles régionales

Centrafrique : Un accord de paix signé entre le gouvernement et les rebelles

En République centrafricaine, les négociations qui se sont déroulées entre le gouvernement et 14 groupes rebelles à Khartoum, au Soudan, sous l’égide de l’Union africaine (UA), ont abouti à un accord de paix signé le 6 février 2019.

Cet accord est destiné à ramener la stabilité et à panser les plaies dans ce pays meurtri par les guerres civiles et les coups d’État. Il est le fruit de la patiente médiation de l’UA.

Il prévoit notamment la dissolution des groupes armés, la formation d’un gouvernement d’union nationale et la création d’un fond d’indemnisation des victimes. Depuis 2012, tout ce qui a été signé, par sept fois, du simple cessez-le-feu jusqu’à d’ambitieux plans de paix globale, n’a jamais tenu plus de quelques mois.

Espérons qu’il en ira autrement cette fois. 

Yémen: Le Pape François préoccupé par la crise humanitaire 

Suite à l’Angélus du 3 février, le Saint-Père a lancé un appel fort en faveur du Yémen. Il s’est aussi exprimé à l’occasion de la Journée pour la vie célébrée en Italie, et du nouvel an lunaire auquel se préparent divers pays du monde.

Le Pape François a affirmé suivre la crise humanitaire au Yémen « avec une grande préoccupation » au début du message qu’il a prononcé depuis le Palais apostolique. « La population est épuisée par le long conflit et de très nombreux enfants souffrent de la faim, sans qu’il soit possible d’accéder aux dépôts alimentaires », s’est-il inquiété.

Par ailleurs, certaines informations font état du retrait du Maroc de la coalition militaire autour de l’Arabie Saoudite pour combattre les Houthis, ce qu’ont apprécie ces derniers qui considèrent que cette initiative contribue à mettre fin à la guerre. 

La Somalie demande l’annulation de sa dette

La Somalie, qui se relève d’une longue guerre civile, demande l’annulation de sa dette. Elle a réitéré cette demande lors du récent sommet de l’UA qui s’est tenu les 10 et 11 février 2019 à Addis-Abeba en Éthiopie.  

S’élevant à près de 5 milliards de dollars américains, cette dette est difficile à rembourser pour un pays qui peine à subvenir aux besoins de sa population.

Parmi les créanciers, figurent les Etats-Unis, la Chine, la France, l’Italie l’Arabie Saoudite, le Fond monétaire international et la Banque mondiale. La Chine a déjà annulé sa part de la dette et l’Arabie-Saoudite l’a rééchelonnée.

Cette demande d’annulation de la dette est soutenue par un collectif d’ONGs et s’appuie sur un travail de terrain mené depuis trois ans par le gouvernement fédéral.

Avec l’équipe du président Farmajo dont le compétent ministre des Finances, Abdourahman Doualeh Beyleh, il semble que les chances d’annulation de la dette somalienne vont croissant.

Nouvelles internationales 

Ukraine : L’église orthodoxe s’émancipe de sa grande sœur russe

L’Ukraine a récemment franchi un pas de plus dans sa prise de distance avec la Russie. Cette fois, c’est au niveau religieux que l’éloignement s’est opéré. L’église orthodoxe de l’Ukraine a en effet demandé et obtenu son indépendance de sa grande sœur de la Russie qui dirige depuis plus de trois siècles tous les chrétiens orthodoxes du monde dont le nombre est estimé à 260 millions.

L’événement n’a pas plu au Kremlin qui a qualifié d’illégitime la décision de la hiérarchie religieuse russe d’accepter l’émancipation de l’église ukrainienne.

Il semble que le Kremlin voit dans cette séparation religieuse un précédent défavorable à l’influence de Moscou sur le monde chrétien orthodoxe. 

Éducation à la démocratie

Les libertés

La démocratie, rappelons-le, est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. Elle peut être directe, auquel cas le peuple gère directement ses affaires, soit représentative, auquel cas le peuple désigne ses gouvernants. Mais dans un cas comme dans l’autre, le gouvernement du peuple se fait dans la liberté. Le peuple se donne librement des règles de gouvernement, désigne librement ses gouvernants suivant ces règles et les contrôle de même.

La liberté est donc au principe même, au fondement même de la démocratie, car sans liberté, la démocratie serait tyrannie.

Il s’ensuit que, dans une société démocratique, c’est-à-dire organisée et fonctionnant de manière démocratique, la liberté s’exerce partout où le besoin s’en fait sentir pour la vie individuelle et collective. C’est pourquoi on parle de libertés individuelles et collectives, ou encore de libertés publiques lorsqu’elles sont inscrites dans le pacte social et garanties par l’État.

Quelles sont donc ces libertés ? Il y a la liberté d’expression, c’est-à-dire la liberté de s’exprimer par la parole, par la plume, par l’image ou par tout autre moyen licite. Et comme s’exprimer ne va pas sans penser, il y a aussi la liberté de pensée d’où découle la liberté d’opinion. Il y a aussi la liberté de conscience qui est la liberté d’adopter des valeurs ou des principes pour conduire son existence et qui inclut la liberté religieuse. Il y a encore la liberté de se réunir ou de réunion, la liberté de s’associer ou d’association, ou encore la liberté électorale qui sont des libertés collectives car exercées avec d’autres personnes. On se réunit à deux ou plusieurs personnes, on s’associe à deux ou plusieurs personnes et on élit (vote) à plusieurs personnes. Sans que cette liste des libertés ne soit exhaustive.

Concrètement, la liberté d’expression permet d’utiliser sa voix pour parler, d’utiliser d’autres ressources de son corps pour parler, d’écrire, de faire du théâtre, de faire des films ou des vidéos, de peindre, de sculpter, etc. La liberté d’expression permet ainsi la liberté de la presse (et des médias d’une manière générale) mais aussi la liberté de débat. Bref, la liberté d’expression permet de communiquer sa pensée dans le respect des règles que la société s’est données. La liberté de réunion permet de tenir des réunions publiques ou privées, c’est-à-dire de se réunir sur la place publique ou en un lieu privé. La liberté d’association permet de se regrouper sous formes d’associations apolitiques à but non lucratif, de partis politiques, ou encore d’associations à but lucratif (sociétés commerciales, industrielles ou de services). La liberté religieuse (ou de culte) permet d’exercer sa religion, et la liberté électorale permet de choisir ses représentants (dirigeants).

A l’évidence, les libertés individuelles et collectives existent en démocratie pastorale, c’est-à-dire dans la démocratie telle que nous l’exerçons traditionnellement nous autres pasteurs nomades. La pensée y est libre. L’expression et le débat y sont libres. Les réunions y sont libres. S’associer y est libre, que ce soit sur les plan sportif, culturel, politique ou économique. On peut exercer ou non sa religion. Enfin, c’est librement que sont choisis les gouvernants, c’est-à-dire sur la base des règles édictées par le pacte social.

Il n’est donc pas de démocratie sans liberté (au singulier) et donc sans libertés (au pluriel). Pas plus que la démocratie ne va point sans droit (au singulier) ni (droits au pluriel).

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