LVD du vendredi 22 février 2019

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Nouvelles nationales 

La gendarmerie annonce l’arrestation d’un faussaire de monnaie

La brigade gendarmerie de Cheik Moussa et celle du PK12 annoncent qu’elles ont arrêté, le 16 février 2019, un individu pris en flagrant délit de fabrication de faux billets de francs Djibouti.

L’homme, qui semble connu pour ce genre de délit et qui a déjà fait de la prison à ce titre, a été interpellé après une longue surveillance.

Selon les gendarmes, le faussaire aurait reconnu se livrer à cette activité illégale et dangereuse depuis 2013 et qu’il aurait déjà écoulé dans le marché local la somme d’un milliard de francs Djibouti en faux billets. 

DP World porte l’affaire du Port de Doraleh jusqu’à Hong Kong

Le puissant opérateur portuaire émirati, DP World, ne semble pas ménager ses efforts dans le différend qui l’oppose au gouvernement du président Guelleh. Après Londres où la cour arbitrale lui a donné raison dans son action contre le régime djiboutien pour rupture abusive du contrat de concession de Doraleh Container Terminal (DCT), il s’est attaqué à l’opérateur chinois China Merchants Port Holdings qu’il accuse d’avoir poussé le pouvoir de Djibouti à rompre ledit contrat DCT, signé en 2004. Cette fois, c’est devant la Haute Cour de Hong Kong que DP Word a porté l’affaire.

Rappelons que China Marchants Port Holdings fait partie de l’entrepose d’État chinoise China Merchants Group.

Cette initiative de DP World est plutôt embrassante pour Pékin qui aime agir dans la discrétion. 

Malgré l’argent qu’elle rapporte, la route nationale 1 est dans un piteux état

La route nationale n°1, notre principal axe routier, qui relie notamment notre capitale à celle éthiopienne, se trouve dans un état lamentable. Elle use les véhicules qui l’empruntent et provoque nombre d’accidents meurtriers. Rien qu’au cours du mois de janvier 2019, huit personnes y ont péri, toutes djiboutiennes.

Pourtant, cette route est la source d’une véritable manne financière pour l’État de Djibouti. Chaque camion éthiopien chargé paie 3600 francs Djibouti, ce qui génère quelque 5 400 000de nos francs par jour car il y passe en moyenne 1500 poids lourds éthiopiens. Soit près de deux milliards de francs Djibouti par an.

Mais où va donc cet argent ? C’est la question que se posent les usagers, qu’ils soient éthiopiens ou djiboutiens. Où va donc cette manne financière ? En tout cas, pas dans l’entretien de la RN1, ni des autres routes.

L’agence djiboutienne des routes (ADR), qui était chargée de l’exécution de l’entretien routier, a été absorbée par une société récemment créée par décret présidentiel et placée sous l’autorité d’un certain Aboubaker Omar Hadi, président de l’autorité des ports et zones franches du pays et proche du chef de l’État Ismaël Omar Guelleh. Cette nouvelle société absorbe également le Fond d’entretien routier qui perçoit la redevance de 3600 FD que versent les poids lourds éthiopiens, bouclant ainsi la boucle.

Ce, pour quel objectif ? C’est la question. 

Le banquier Wahib Nacer entendu par la juge Lamisse Mohamed à Djibouti 

Le banquier franco-djiboutien Wahib Nacer, mis en cause dans l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy en France, a été entendu dimanche 17 février 2019 à Djibouti par la juge d’instruction Lamisse Mohamed Saïd. Cette audition fait suite à une commission rogatoire émise par le juge français Serge Tournaire qui instruit l’affaire en question à Paris. Selon certaines sources, Serge Tournaire aurait assisté à l’audition de Wahib Nacer.

Rappelons que le juge Tournaire instruit également le dossier monté par le pouvoir djiboutien contre l’opposant djiboutien Mohamed Kadamy, exilé en France. 

Les artistes sont aussi victimes de la mauvaise gouvernance 

Ce n’est pas un secret, notre pays a un problème de gouvernance. Or, qui dit mauvaise gouvernance dit effets négatifs. Parmi ces méfaits, il y a la pauvreté et ses conséquences sur la santé.

Les artistes djiboutiens ne sont pas épargnés par cette situation. Faute de droits d’auteur réellement protégés et de liberté effective de création, ils ne peuvent pas vivre de leur art.

Cela explique que beaucoup d’entre eux sombrent dans la misère et meurent de ses effets. Sans ressources, sans alimentation équilibrée, sans moral, ils sont une proie facile à la maladie.

Depuis l’Indépendance, nombreux sont les grands artistes qui sont prématurément décédés en raison de leurs misérables conditions de vie. Les Talha, Fourched, Hassan Elmi, Ibrahim Gadhle, Hanja Bouf, Cheik Ahmed, Saïd et Abdo Hamargod, Hawa Geelgad, Fatouma Ahmed, Abdallah Lee, Abayazid Mohamed(il vient à son tour de nous quitter) et bien d’autres, sont de ceux-là.

Les derniers artistes malades et pas ou peu assistés sont Moussa Hassan Moussa et Abdi Robleh Qarshile. Il a fallu que les réseaux sociaux s’émeuvent du sort de Moussa Hassan pour qu’un membre du gouvernement daigne lui rendre visite et s’informe de sa situation. Et Qarshile souffre dans la solitude de sa modeste demeure de Balbala. Avec pour seule compagnie l’émotion de quelques internautes.  

Nouvelles régionales

Tension diplomatique entre le Kenya et la Somalie

La tension est soudain montée entre le Kenya et la Somalie, sa voisine. C’est samedi 16 février 2019 que les relations diplomatiques entre les deux pays se sont dégradées avec le renvoi par le gouvernement kenyan de l’ambassadeur de la Somalie et le rappel de son ambassadeur en Somalie. L’ambassadeur somalien a quitté Nairobi avant l’expiration du délai de 24 heures fixé par le gouvernement kenyan et son homologue kenyan a obéi à l’injonction de ses autorités et a quitté Mogadiscio. 

Dans une déclaration rendue publique dès samedi, le gouvernement kenyan a motivé sa décision de renvoi de l’ambassadeur de Somalie et de rappel du sien par ce qu’il appelle la mise en concession par les autorités somaliennes de gisements de pétrole situés en territoire kenyan.

Le Kenya fait allusion à des ressources pétrolières off-shore situées dans un secteur maritime que les deux pays se disputent depuis quelques années, litige porté devant la Cour internationale de justice de la Haye par la Somalie.  

Ce qui semble avoir agacé Nairobi, c’est la récente opération de marketing organisée le 7 février 2019 à Londres par Mogadiscio qui a publié les conclusions d’une étude de prospection pétrolière et gazière en Somalie, prospection qui ne semble pourtant pas inclure le secteur maritime disputé.

Selon certains observateurs, en jouant la tension, Nairobi chercherait à obtenir de Mogadiscio le retrait de son action judiciaire de la Haye, le règlement à l’amiable du contentieux avec pour le Kenya une part des ressources disputées et certaines concessions politiques dont le maintien à la tête de l’État régional somalien de Jubaland du pro-kényan Ahmed Madobe.

Le gouvernement somalien a décidé de ne pas s’empresser de répliquer à la décision kenyane. Mais ces développements diplomatiques ont suscité un élan unitaire national autour du président Farmajo et de son gouvernement. 

Éthiopie : La région somalie d’Éthiopie se sent sous-représentée dans deux commissions nationales 

En Éthiopie, pour faire œuvre de réconciliation nationale et régler les nombreux litiges territoriaux qui opposent les États régionaux à base ethnique, litiges liés aux délimitations délibérément injustes opérées par le précédent pouvoir TPLF, le Premier ministre réformateur, Dr Aby Ahmed Ali, a formé deux commissions comprenant chacune 41 membres. Ces commissions sont voulues représentatives des principales communautés et États régionaux afin que leurs travaux soient équilibrés et puissent aider à la réconciliation nationale et au règlement des litiges territoriaux.

Seulement, la communauté et l’État régional somalis, qui sont pourtant parmi les plus importants d’Éthiopie, ne sont représentés que par une seule personne dans chacune des deux commissions. Les Somalis du pays dénoncent donc cela et crient à l’injustice. Cette sous-représentation des Somalis est d’autant plus étrange que leur région fait partie de celles concernées par les litiges territoriaux. 

Nigéria : Reportée d’une semaine, l’élection présidentielle se tient demain

Au Nigéria, pays le plus peuplé du continent africain avec ses plus de 190 millions d’habitants, doit se tenir demain samedi 23 février 2019 une élection présidentielle à suspense.

Le président sortant, Muhammadu Buhari, 76 ans, ancien général de l’armée nigérienne, ancien président putschiste et chef d’All Progressive Congress (APC), est candidat à sa propre succession. Il doit affronter un autre ténor de la politique nigériane, Atiku Abubakar, 72 ans, homme d’affaires, ancien vice-président et candidat de People’s Democratic Party (PDP). Sans favori, le scrutin s’annonce serré entre les deux hommes. 

L’élection devait se tenir samedi 16 février, mais elle a été repotée in extrémis d’une semaine par la Commission électorale nationale indépendante qui a invoqué des raisons logistiques. 

Nouvelles internationales 

Europe : le président américain demande aux Européens de rapatrier leurs ressortissants jihadistes détenus en Syrie

Par tweet, le président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, a demandé samedi 16 février 2019 aux pays d’Europe dont des ressortissants avaient été fait prisonniers en Syrie dans le cadre de la guerre contre l’organisation de l’État Islamique (EI), de les rapatrier et de les juger sur leur sol national.

Cette demande fait suite à la décision américaine de retirer ses troupes de la Syrie, retrait qui risque d’avoir pour effet que les détenus se retrouvent de nouveau dans la nature et reprennent les combats.

Cette demande suscite de l’embarras dans les capitales européennes dont les réactions sont partagées. Ainsi, la Belgique n’envisage pas de rapatrier ses ressortissants adultes, la France entend procéder au cas par cas, l’Allemagne ne rejette pas à priori la demande de Trump, tandis que pour la Grande Bretagne l’option du rapatriement n’est pas sur la table.

Par ailleurs, il semble que l’idée d’une juridiction internationale ad hoc, chargée de juger en Syrie ces détenus djihadistes dont le nombre dépasse 800, est évoquée dans certaines capitales, mais elle n’est pas simple à mettre en œuvre. 

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