Démocratie et médias

On l’a vu, démocratie et libertés sont indissociables, car la démocratie n’a pas de sens sans Liberté. Et celle-ci s’exerce sous diverses déclinaisons : liberté de pensée, liberté de conscience, liberté d’expression, liberté de réunion, liberté d’association, etc. Autant de déclinaisons de la Liberté, autant de libertés démocratiques.

A cet égard, l’importance de la liberté d’expression pour l’individu comme pour la collectivité, n’est pas à démontrer. Cette liberté fondamentale s’exerce par la parole, par le langage non-verbal, par la plume, par l’image et par tout autre moyen licite.

Avec la diffusion de l’imprimerie et de l’école, la presse s’est développée en démocratie, impulsant la liberté de la presse. Puis, les médias audio-visuels sont apparus grâce au progrès technique, suivis aujourd’hui des médias en ligne, y compris les réseaux sociaux. Avec tous ces mass-médias, s’exerce désormais la liberté des médias. 

La liberté de chacun s’arrêtant là où commence celle d’autrui (collectivité comprise), les libertés sont encadrées par la Loi en démocratie. La liberté des médias ne fait pas exception à cette règle. Elle doit donc se pratiquer avec conscience et responsabilité. A partir de ce principe de bon sens et de l’encadrement légal qui le traduit, la liberté des médias permet la liberté d’informer, de commenter, d’analyser, de critiquer, de proposer si possible. Concrètement, les médias rapportent les faits, enquêtant s’il le faut, parfois avec des risques. Ils essaient aussi d’examiner les faits pour les faire parler. De la sorte, ils pointent ce qui va et ce qui ne va pas, que ce soit dans la société en général, dans la gouvernance publique, dans le secteur privé ou ailleurs. Ils pointent encore des pistes de solution si leurs collaborateurs en repèrent, etc. En éclairant ainsi l’opinion publique, les médias participent à l’équilibre de la vie en société. Ils constituent, à ce titre, un contre-pouvoir.

D’où l’expression bien connue de ‘’quatrième pouvoir’’ que l’on emploie ici et là pour qualifier les médias. Les trois autres pouvoirs de l’État démocratique étant bien entendu le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.  

Voilà pourquoi le niveau de développement des médias est devenu un indicateur de la santé démocratique d’un pays. Un pays où la liberté des médias est protégée et les médias développés, est un pays où la démocratie va bien.

Le Classement mondial pour la liberté de la presse (liberté des médias, s’entend), que publie chaque année l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF), en témoigne.

Dans ce classement de RSF, qui couvre 180 pays du monde, la République de Djibouti est au plus bas. Elle est classée 173ème sur les 180 pays en 2018. Et pour cause puisque le paysage médiatique s’y limite à la Radiotélévision de Djibouti (RTD) et au journal La Nation, tous deux contrôlés par le pouvoir en place. Le seul média indépendant, qui émet à la fois en ligne et par satellite, est La Voix de Djibouti (LVD).

Il va sans dire que ce mauvais classement de Djibouti pour la liberté des médias, reflète le lourd déficit démocratique du pays où, malgré les textes, la pratique du pouvoir d’État demeure dictatoriale.

Rappelons que, les chez les pasteurs nomades djiboutiens, la liberté d’expression prospère, notamment à travers la poésie, le débat libre et autres joutes oratoires.

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